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jeudi 6 août 2009

Chongqing Favela

L’un des clichés les plus répandus de l’analyse de l’urbanisme asiatique correspond à la comparaison de différentes villes avec l’imagerie du film "Blade Runner". Forêt de gratte-ciels rutilants plantés dans une nappe de bidon-villes grouillants : le Los Angeles de 2019 fantasmé par Hollywood en 1982 semble s’être réalisé de l’autre côté du Pacifique : "Tokyo c’est Blade Runner !", "Shanghai, c’est Blade Runner", "Bangkok, c’est…".
Revenant sur le film en 1998, le sociologue urbain Mike Davis soulignait qu’aucune des prédictions du film ne s’étaient révélées exactes et que pour lui « Blade Runner n’est pas tant le futur que le fantôme des rêveries du passé » (in Mike Davis, "Au-delà de Blade Runner, Los Angeles et l’imagination du désastre" Allia 2006).
Et Chongqing ? C’est Blade Runner ou pas ?
La question n’a définitivement aucun sens mais nous ne pouvions quitter la ville sans évoquer ici la composante inséparable de cet urbanisme échevelé sur ce site délirant.
Dans ce climat tropical humide, Chongqing semble littéralement pourrir sur pied. Des bidon-villes misérables sont accrochés sur les pentes les moins accessibles et beaucoup de scènes urbaines de l’hyper-centre sont à l’image de situation réelle de l’arrière-pays chinois.
Le nouveau métro monorail et les destructions en cours n’y changent pas grand-chose : la quatrième-ville du pays tient parfois du furoncle habité.

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mercredi 5 août 2009

Chongqing Confluence

Le Chongqing Planning Exhibition Centre place la barre assez haut.
Le Urban Planning Exhibition Center de Shanghai, le Forum de Barcelone ou… le Pavillon de l’Arsenal restent loin derrière : une grande maquette de la ville de 892 m² au 750ème, un espace d’expo tout neuf (2005) et démesuré, des écrans plats et des modèles comme s’il en pleuvait, une avalanche de diagrammes et gravé dans les murs une collection de vœux pieux urbain (patrimoine, environnement, économie solidaire, …) définitivement impressionnante.
Le musée se situe sous une esplanade publique, à l’extrémité de la presqu’île, entre un échangeur souterrain et un réseau de galeries donnant l’accès aux bateaux touristiques qui circulent continuellement sur les fleuves.
Les deux berges en vis-à-vis de la pointe sont également en projet.
D’un côté, le grand théâtre presque achevé, se donne pour ambition d’être à la Confluence ce que l’opéra de Sydney est à sa baie. De l’autre c’est un hypothétique CBD (Central Business District) qui est dans les cartons. Bigre.

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mardi 4 août 2009

Chongqing et le Manhattanisme alpin

La topographie de Chongqing est relativement unique. Fort contraste avec les autres mégalopoles chinoises qui sont des villes de plaine : pentes raides, aucun vélo et une armée de porteurs misérables disponibles pour prendre en charge les objets les plus lourds. Autour de l’exposition "Dans la ville chinoise", Frédéric Edelmann évoquait Chongqing comme un« New-York, installé au milieu des montagnes » et le Manhattanisme alpin est bien au rendez-vous.
Des téléphériques permettent de franchir chacun des deux fleuves et pallient au manque de ponts ou de passerelles. Les vues vers les collines et la confluence sont époustouflantes.
Les gratte-ciels, poussés ici sans trame, n’ont pas la rigueur géométrique de leur homologue new-yorkais. Collés les uns aux autres, ils utilisent à plein une presqu’île assez exiguë. L’un des plus élevé, réplique du Chrysler Building, s’appelle… "New York, New York".
La copie ne vaut pas l’original mais n’est pas sans intérêt.

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lundi 3 août 2009

Chongqing, le mythe de la plus grande ville du monde

Après avoir entendu ici et là que Chongqing, la grande métropole de l’intérieur de la Chine, était la plus grande ville du monde nous avons voulu venir vérifier l’information sur place.
31 millions d’habitants répartis sur une municipalité de 82 000 km² : un monstre urbain colossal ignoré de tous ?
Il y a évidemment confusion, et le flou est entretenu à dessein, entre la ville même de Chongqing (7 millions d’habitants tout de même) et la région de Chongqing. Celle-ci, créée en 1997, est une des quatre régions urbaines gérées directement par le pouvoir central chinois (avec Shanghai, Pékin et Tianjin). Installée sur le fleuve Yangtze, en amont du barrage des Trois Gorges, elle est le contre-point intérieur au développement forcené de la côte.

A deux milles kilomètres de Shanghai, la plus grande ville du monde n’en est donc pas vraiment une.
A la descente d’avion, les premières sensations urbaines sont de l’ordre de l’hallucination et un détour par le centre d’urbanisme, logiquement installé à la confluence du Yangtze et de la rivière Jialing, nous fait vite comprendre que nous ne sommes pas venus en vain.
Portrait de la ville en quelques thèmes et quelques planches.

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